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3 juin 2009

Violence à l’école

A l’ouverture du Congrès de la FCPE les organisations présentes (FCPE, FIDL, UNL, UNEF, FERC-CGT, FSU, SGEN-CFDT, UNSA-Education) ont rendu publique une déclaration commune proposée par la FCPE.

Les phénomènes de violence touchent les écoles et établissements scolaires, c’est un fait indéniable. Il faut traiter ces phénomènes à leur juste mesure : au contraire des mesures électoralistes annoncées par le président de la République et le ministre de l’Education nationale.

Les agressions de personnels de l’Education nationale sont inadmissibles. Les intrusions de bandes armées de battes de base-ball dans un établissement sont intolérables. Néanmoins, il ne s’agit pas des formes les plus fréquentes de violence perpétrées dans les écoles et les établissements scolaires. Les agressions commises avec arme contre les personnels de l’Education nationale sont heureusement rarissimes (10 cas recensés depuis 2007).

Le ministre sait que la fouille des cartables est impossible à mettre en place et ne règlera rien ; il sait que la création d’une brigade volante d’intervention n’a aucun sens ; il sait que vouer aux gémonies les parents dits « démissionnaires » n’est pas une solution.

La confusion entre les missions éducatives des personnels de l’Education nationale et celles des fonctionnaires de police et de justice compliquerait leurs relations avec les élèves et serait source de tensions supplémentaires. Elle détruirait toute relation de confiance indispensable à l’instauration d’une relation pédagogique durable.

Alors que par bien des aspects la politique suivie renforce les phénomènes de violence : désectorisation, suppressions de dizaines de milliers de postes d’enseignants et de personnels vie scolaire, déstabilisation des équipes, dégradation des conditions de travail et d’étude, insuffisance du dialogue avec les parents…, ce que Nicolas Sarkozy et Xavier Darcos proposent ce n’est même plus l’Ecole sanctuaire mais l’Ecole bunker !

Or, les établissements d’éducation doivent avant tout rester des lieux de confiance, d’apaisement et de sérénité.

Plutôt que de tirer parti d’un incident grave pour décider de mesures dans la précipitation et sous le coup de l’émotion, en privilégiant les annonces aussi spectaculaires qu’impraticables, il faut maintenant s’attaquer aux véritables problèmes de l’insécurité scolaire, comme celui des incivilités et des agressions verbales et physiques, dont les élèves sont souvent les premières victimes.

Pour cela, il convient de mettre en place, dans une Ecole de justice, de réussite de tous et de respect mutuel, une véritable politique de prévention : recrutement et formation de personnels, éducation au vivre ensemble, lieux de paroles et d’écoute, implication des parents dans les projets d’école et d’établissement… Cette politique ne peut se mettre en place dans une parodie de concertation comme celle que nous venons de vivre : sélections des participants, décisions déjà prises et annoncées, stigmatisation de certaines parties prenantes.
Le gouvernement semble vouloir toujours s’enfoncer davantage dans une politique de répression et de méfiance systématique vis-à-vis de la jeunesse. Les jeunes sont diabolisés, les parents d’élèves stigmatisés. Tout cela pour tenter de masquer les conséquences de leur politique éducative désastreuse qui refuse un avenir aux jeunes, et éviter ainsi de s’attaquer à la violence sociale quotidienne qui frappe durement les jeunes dans un contexte d’accroissement des inégalités.
Tout cela pour tenter également de faire oublier les dizaines de milliers de suppressions de postes de personnels d’enseignement, d’éducation, de santé et sociaux… sans qui nos écoles ne sont plus que des simples lieux d’études où il ne fait pas bon vivre pour les élèves.
Nous voulons mettre en place, tous ensemble, des actions d’accompagnements nécessaires à l’apprentissage des valeurs et des comportements essentiels à la vie collective. Si nous ne traitons pas la violence par l’éducation dans l’Ecole, quelle société nous préparons-nous ?

Rien ne peut remplacer les rapports humains, l’éducation, la prévention, toutes choses que les portiques et les caméras de vidéosurveillance ne sont pas en mesure d’apporter.

Nous voulons privilégier la politique de la raison à la récupération politicienne. Nous voulons dénoncer les raccourcis et la démagogie du gouvernement. Nous voulons la sécurité scolaire et non la surenchère sécuritaire !

St-Etienne, le 30 mai 2009

 

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