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26 mars 2014

Le SNUipp-FSU92 reçu par le DASEN sur les questions de formation

Des stagiaires à temps plein sans aucune formation, des stagiaires à 50%, les postes bloqués, la fin des stages longs, la charge de travail des formateurs qui va encore augmenter... ce qui va changer l’année prochaine sur la formation initiale et continue.

Compte rendu de l’audience du 20 mars

A la demande du SNUipp-FSU 92, le DASEN et l’IENA en charge du dossier « Formation » à la DSDEN, ont reçu une délégation en audience, le jeudi 20 mars. La délégation était composée de représentants de la section départementale du SNUipp-FSU92 et d’une conseillère pédagogique et de deux Maitres formateurs. Cette audience avait le double objectif de prendre des informations sur l’organisation de la formation initiale et continue pour l’année 2014-2015 et de faire connaître nos revendications sur ces points. Trois points principaux ont été abordés : L’organisation de la formation initiale pour l’année 2014-2015 L’organisation de la formation continue pour l’année 2014-2015 Les conditions d’exercice des formateurs (CPC et PEMF) : bilan de l’année 2013-2014 et perspective pour l’année à venir.

Introduction du SNUipp 

Si le SNUipp défend les droits des personnels, il porte aussi un projet ambitieux pour l’Ecole, projet de transformation pour la réussite de tous les élèves. Des moyens pour fonctionner autrement dans les écoles sont nécessaires mais pas suffisants : la question de la formation initiale et continue est centrale et doit être au cœur du projet de transformation de l’Ecole. Nous actons le changement de cap du nouveau ministre, qui signe le retour à une formation. Néanmoins, pour nous, ce n’est pas encore satisfaisant. On n’est même pas à un retour à la formation IUFM (PE2), qui déjà, comportait des manquements. Un point important que nous dénonçons très fortement est que les stagiaires sont toujours utilisés comme moyens d’enseignement, ce qui a des conséquences sur l’ensemble des collègues : les stagiaires car leur formation reste liée à leurs besoins immédiats de formation pour « survivre » dans la classe de laquelle ils sont responsables, et l’ensemble des autres collègues qui se retrouvent avec des postes bloqués au mouvement et un manque de formation continue.

Réponses du DASEN  Sur les 60 000 postes crées, la moitié sont dévoués à la formation. Cela ne se voit pas sur le terrain. Les collègues et l’opinion publique ne voient pas s’améliorer les conditions de travail des élèves et des enseignants dans les écoles. C’est un sujet très compliqué à mettre en œuvre mais on est en train de retrouver un certain nombre de bons réflexes. La formation continue, quant à elle, est en baisse depuis des années. Une des pistes explorées est la formation à distance, à cause des problèmes de remplacement mais c’est paradoxalement cette formation à distance qui exige de la part des Formateurs le plus de travail.

Organisation de la formation initiale pour l’année 2014-2015 : deux promotions de stagiaires, deux organisations différentes !

L’année 2014-2015 est une année particulière, de transition, puisque deux types de stagiaires différents vont arriver sur le terrain. Cette année (2013-2014), il y a eu deux concours de recrutement : un concours selon l’ancien modèle et un concours « rénové ». Le concours ancien modèle : les écrits ont eu lieu en septembre, les M2 admissibles ont été, pour beaucoup d’entre eux (mais pas tous), contractuels dans les écoles une journée par semaine. Les oraux ont lieu en avril. Les admis seront PES l’an prochain et exerceront à temps plein. Le concours rénové : Les étudiant en fin de M1 passent les écrits et les oraux en fin d’année scolaire. Les admis seront, étudiants stagiaires à mi-temps dans les écoles et à mi-temps en formation théorique à l’ESPE. Leur année de stagiaire se fera dans le cadre d’un Master 2.

Ce double recrutement a pour conséquence d’accueillir dans les écoles à la rentrée deux vagues de débutants qui ont des parcours de formation différents : environ 340 PES et 310 étudiants stagiaires. Evidemment, cette situation est complexe. L’accueil de ces nouveaux enseignants se fera de façon différente mais feront l’objet d’une titularisation en fin l’année scolaire. Tous auront le statut de fonctionnaire stagiaire.

Les étudiant stagiaires en ESPE (concours rénové) :

Ils seront à mi-temps dans les écoles, ils compléteront les directeurs demi-déchargés et les enseignants exerçant à 50%. Le DASEN a écarté l’idée de placer deux M2 sur un même poste ainsi que l’idée de les placer sur des postes de remplaçants. Les M2 stagiaires connaitront leur affectation vers le 10 juillet. Ils ne pourront donc pas contacter les écoles avant les congés d’été. Le DASEN dit préférer placer ces stagiaires sur des postes de directeurs demi déchargés pour favoriser leur prise de fonction. La délégation du SNUipp-FSU92 a évoqué son désaccord de voir une nouvelle mission s’ajouter à celles déjà lourdes des directeurs.

Les étudiants M2 stagiaires devront aussi faire un stage massé de trois semaines dans un cycle différent de celui dans lequel ils exercent toute l’année à mi-temps pour compléter leur « formation ». L’organisation envisagée par le DASEN est de procéder à un échange de classes entre les stagiaires pour la durée du stage. Enfin, les stagiaires se verraient dispensés des heures d’APC pendant l’année pour compenser le temps en classe augmenté durant le stage massé. Les titulaires complétés à mi-temps par des M2 se verraient quant à eux libérés pendant trois semaines et pour venir en complément de leur collègue sur des projets choisis par l’équipe. Les collègues directeurs demi-déchargés profiteraient sans contre partie de ce temps libéré pour travailler aux dossiers de la direction. Le DASEN exprime sa confiance envers les équipes pour valoriser cette une organisation. Le SNUipp-FSU92, quant à lui, espère qu’aucun rattrapage de temps décharge ne sera imposé aux collègues dont les charges de direction pour les uns et l’organisation familiale pour les autres ne permettent pas une annualisation du temps. Il sera donc particulièrement vigilant à ce qu’aucun collègue ne soit utilisé comme moyen de remplacement dans les circonscriptions.

Les PES (concours ancien modèle) :

Ils seront à temps plein dans les écoles. Nous sommes intervenus pour dénoncer leur absence de formation l’an prochain n’ayant plus, comme les années précédentes, de période d’observation dans des classes de PEMF en début d’année. Affectés sur des postes bloqués au mouvement dans les écoles, il est clair que leur accompagnement pèsera sur les collègues de ces mêmes écoles et sur les formateurs... La liste de ces postes sera connue des collègues avant le mouvement (avec le livret des postes). Nous avons rappelé que, même s’il est souhaitable que ces collègues fassent l’objet d’une attention particulière, bloquer autant de postes a des conséquences importantes sur le mouvement des titulaires. Dans le sud du département, le mouvement est très difficile et les postes sont, dans certaines écoles, bloqués depuis plusieurs années. Le DASEN est en train de réfléchir à l’emplacement de ces postes : ils pourront l’être en éducation prioritaire (si les IEN jugent que la situation de l’école le permet). Le SNUipp-FSU92 a rappelé les lourdes conséquences sur le mouvement (blocage de postes), en particulier dans le Sud du département et sur certaines communes. L’affectation des PES aura lieu début juin, ce qui leur permettra de contacter les écoles.

Nous continuons à réclamer que les stagiaire ne soient plus utilisés comme moyen d’enseignement et qu’ils bénéficient d’une réelle formation, décrochée du terrain, avec des stages tout au long de l’année, organisés de façon progressive.

Organisation de la formation continue pour l’année 2014-2015 : la fin des stages longs !

Les animations pédagogiques : 

Le DASEN précise qu’elles doivent être conçues au niveau local pour répondre aux besoins de formation spécifique. Le « menu » ne doit pas être déjà composé. La notion de choix doit être retrouvée. Des recommandations aux IEN seront faites en ce sens. Toutes les animations pédagogiques resteront inscrites dans le PDF (plan de formation).

La fin des stages « longs »

Cette année, les titulaires ont bénéficié de trois semaines de stage en janvier, remplacés par des M2 contractuels. L’an prochain, à cause de la nouvelle organisation de la formation ce format de stage ne sera plus possible.

Le SNUipp-FSU92 déplore cette suppression des stages de trois semaines, qui permettait aux collègues de sortir de leur classe, de prendre véritablement du recul sur leurs pratiques et de se poser pour s’investir durablement dans une formation. La durée d’une semaine ne permet pas aux collègues prendre le temps indispensable à une réflexion approfondie et distanciée de leur classe. Le SNUipp-FSU92 réinterviendra dans ce sens auprès du DASEN, mais aussi au niveau académique auprès du recteur et au niveau national auprès du ministre.

Infos sur ces stages :

Environ seize stages seront organisés tout au long de l’année. Dans un premier temps auront lieu les stages statutaires (nouveaux directeurs par exemple), puis les autres stages. Aucun stage ne sera prévu pendant les mois d’hiver où le besoin de remplaçants est plus important. Les brigades se verront proposer d’être brigades de stages.

La formation continue est depuis très longtemps adossée à la formation initiale, puisque ce sont les stagiaires qui remplacent les titulaires en stage. On ne peut donc pas traiter ces deux sujets indépendamment. Nous avons dénoncé à nouveau le fait que l’offre de stages de formation continue ne cessent de diminuer depuis plusieurs années. la réforme de la formation doit être remise à plat pour notamment revenir à un modèle dans lequel les stagiaires ne sont pas un moyen d’enseignement. Revendiquer une formation initiale de qualité, c’est aussi revendiqué une formation continue ambitieuse, c’est enfin revendiquer pour chaque enseignant le droit à la formation tout au long de sa carrière !

Conditions d’exercice des maîtres formateurs et des conseillers pédagogiques

Depuis la « réforme » de la formation de 2008, les missions des maîtres formateurs et des CPC ne cessent de s’alourdir. Les collègues nous font remonter beaucoup de difficultés sur leurs conditions de travail. Cette audience nous a permis de poser un certain nombre de questions et de faire part des remontées du terrain. Les étudiants stagiaires et les PES arrivant dans les écoles à la rentrée prochaine seront environ au nombre de 650. Les PEMF et les CPC seront chargés de les suivre. Chaque PEMF ou CPC devra donc assurer le suivi de 4 à 5 stagiaires ce qui est au delà du qualitatif les formateurs s’interrogent même quant à la faisabilité en terme de charge de travail.

Les PEMF :

Depuis deux ans, les PEMF n’ont pas reçu de lettre de mission comme les années précédentes. Le DASEN s’est engagé à reprendre ce fonctionnement.

Ils ont une décharge de 25% pour suivre les stagiaires, ce qui correspond actuellement à une journée par semaine. Le DASEN nous a réaffirmé qu’avec la réforme des rythmes scolaires, la quotité de décharge ne changerait pas et que le service serait organisé pour qu’ils gardent 25% de décharge.

Notre académie est particulière puisqu’elle est la deuxième académie en terme de nombre de places au concours après celle de Créteil. Les PEMF ont donc une charge de travail très importante. Ils se demandent comment faire pour suivre les PES en difficulté qui ont un protocole particulier en si peu de temps. Nous avons demandé à ce que une augmentation du temps de décharge puisse être pensée. Le DASEN ne souhaite pas sortir du texte national. Nous allons réitérer cette demande auprès du recteur d’académie. En revanche, le calendrier du suivi des stagiaires sur l’année va être repensé.

Le recteur affirme que les missions des PEMF ne doivent pas se limiter au suivi des stagiaires. Des appels à candidature auront lieu pour que les maîtres formateurs puissent intervenir au sein des ESPE. Ce sujet est complexe puisqu’il pose le problème de la co-construction de la formation entre l’Education nationale et les universités.

Si certains PEMF n’exercent pas leurs missions, le DASEN envisage de créer des décharges supplémentaires. Nous avons rappelé que certains collègues ne souhaitaient pas exercer leurs missions car leurs conditions d’exercice se sont fortement dégradées ces dernières années. De plus, de moins en moins de collègues veulent passer le CAFIPEMF : cet examen est difficile à obtenir et les missions de PEMF manquent d’attractivité. Nous allons nous retrouver avec un manque criant de formateurs alors que les besoins sont de plus en plus importants. Le DASEN reconnaît cet état de fait qu’il attribue aux réformes successives et au manque de stabilité. Il pense que la situation va s’améliorer mais n’a pas pris d’engagement réel pour améliorer les choses dans un avenir proche. Les collègues qui souhaitent s’engager dans le CAFIPEMF en 2014-2015 seront reçus par la DSDEN en juin pour leur expliquer le déroulement de la formation et des épreuves.

Les PEMF n’ont pas d’espace commun pour mutualiser des documents, échanger, rien n’est organisé non plus sur les bassin pour favoriser une mise en réseau des formations, des outils produits, des temps de formation mutualisés. C’est malheureusement au bon vouloir de chacun de trouver des organisations collectives et mutualiser des pratiques. plus de lieu commun où ils peuvent mutualiser leurs pratiques (pôle de formation, écoles d’application…), ce dont ils ont un besoin criant. Toutefois, L’IENA salue les initiatives locales quand le nombre de PEMF le permet mais comment faire pour les PEMF isolés si l’administration n’est pas plus claire sur les modalités possibles de mutualisation ? , ce qui n’est évidemment pas satisfaisant. Cette organisation du travail devrait être réalisée au niveau départemental et pas, à nouveau, sur la bonne volonté et le temps personnel des collègues.

Les PEMF, puisqu’ils ont une journée de décharge, n’ont touché l’ISAE qu’aux ¾, soit 150 euros. Nous avons dénoncé très fortement cette injustice et avons rappelé que nous réclamions que tous les collègues puissent toucher l’ISAE dans sa totalité. Le DASEN nous a répondu que des discussions avaient lieu en ce moment dans ce sens au ministère.

Les PEMF qui suivent des M2 cette année, au même titre que les directeurs quart déchargés ou les PE tuteurs, seront rémunérés en plus à la fin de l’année scolaire.

Les conseillers pédagogiques :

Les missions des CPC sont de plus en plus nombreuses, aux dossiers administratifs lourds se sont ajoutés le suivi des PES ces dernières années, accompagnement dans les classes de ceux-ci en début d’année ainsi que l’arrivée massive et continue des contractuels qu’il faut accompagner dans leur prise de fonction.

Le DASEN s’engage à avoir une vraie discussion avec les IEN à ce sujet, il a évoqué les visites qu’il fait et poursuivra de faire dans chaque circonscription du département ainsi que sa volonté d’établir pour chaque circonscription des priorités.

Nous serons extrêmement vigilants sur les conditions de travail de ces personnels qui ont vu leurs tâches s’alourdir et qui ne peuvent plus faire tout le travail demandé pendant leur temps de service et qui revendiquent d’être déchargé de certains dossiers à 95% administratif, de pouvoir accompagner les équipes dans la mise en œuvre de projets pédagogiques, de consacrer plus temps à la recherche de ressources pour les équipes, à la construction d’outils pédagogiques pour les enseignants. Il n’est pas acceptable de laisser perdurer ce cumul de charges descendantes.

Le SNUipp-FSU92 appelle tous les formateurs à nous faire remonter un état des lieux précis des dossiers suivis et de leur temps de travail.

Les représentants des SNUipp-FSU des départements de l’académie de Versailles se sont rencontrés le 20 mars et ont décidé de faire une demande d’audience commune auprès du recteur sur la question de la formation, question particulièrement sensible pour la rentrée prochaine.

 

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